Arrosia

Arrosia est né de ma rencontre avec la résine de pin récoltée dans les forêts de Gascogne. Après avoir découvert l’histoire culturelle de cette matière j’ai décidé de combiner les biens du territoire pour valoriser cette ressource oubliée. Sa singularité et son identité ont motivé mon envie de reconsidérer la résine de pin comme un bien capable de créer du lien social et de relancer une économie locale. En étant vigilante à la saisonnalité de la matière et au respect de son extraction, j’ai envisagé une production pouvant évoluer au fil du temps selon les besoins. Ce projet est donc le fruit d’une collaboration entre la nature, une culture et des savoir-faire.

Grâce à mes différents déplacements en Nouvelle Aquitaine, j’ai pu comprendre l’histoire culturelle de la région, récolter des matériaux et rencontrer des artisans motivés pour participer à la relance économique de cette ressource.

Je me suis intéressée à trois catégories de biens présents sur le territoire : les savoir-faire, la matière première et l’identité du lieu. À partir de quoi, j’ai mutualisé les moyens et les ressources disponibles autour d’un système de production collaboratif favorisant le respect de la temporalité de la matière.
En gardant en tête l’objectif de combiner les biens existants au Porge pour chaque étape de production, j’ai mené une première  exploration expérimentale, donnant lieu à une série d’échantillons à partir desquelles j’ai identifié des spécificités de la matière, comme ses couleurs, ses textures, son caractère collant, son imperméabilité ou sa légèreté. Mais pour parvenir à révéler ses capacités et obtenir des matériaux exploitables pour la suite du projet il m’a fallu entreprendre un protocole scientifique avec des aller-retour entre la chimie des matières et la caractérisation de leurs réactions mécaniques. Cette recherche c’est parallèlement incarnée par des valeurs de préservation du territoire, m’amenant à une démarche de design propre aux rencontres faites sur place.

Cette démarche est née des échanges avec des artisans qui m’ont fait part de leurs envies et de leurs besoins. À l’issue de ses commandes, j’ai poursuivi ma recherche pour transformer la matière brute en semi-produit capable de répondre aux contraintes techniques extraites des demandes. Mon travail de chimie a alors continué d’évoluer jusqu’à la conception des objets.